L’affirmation selon laquelle « Jésus est le Seigneur du Sabbat » provient directement des paroles du Christ dans les Évangiles. Cette déclaration profonde a suscité de nombreuses discussions et réflexions théologiques sur sa signification, son importance et ses implications pour les Juifs et les chrétiens. Pour comprendre pleinement ce que signifie l’expression « Jésus est le Seigneur du sabbat », il est essentiel d’examiner le fondement biblique du sabbat, son but, la manière dont Jésus s’y est rapporté dans son ministère, et ce que cela représente pour les croyants d’aujourd’hui.
L’institution du Sabbat
Le sabbat a été institué par Dieu lors de la création du monde. Genèse 2:2-3 déclare :
« Et Dieu acheva au septième jour Son œuvre qu’Il avait faite, et Il se reposa le septième jour de toute Son œuvre qu’Il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, parce qu’en ce jour Il se reposa de toute Son œuvre qu’Il avait créée en la faisant. »
Ce repos divin ne signifiait pas que Dieu était fatigué, mais qu’Il cessa Son activité créatrice, mettant ce jour à part comme saint. Le concept de repos fut introduit comme un modèle divin pour l’humanité. Plus tard, dans les Dix Commandements, le sabbat fut explicitement ordonné au peuple d’Israël :
« Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le sabbat de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. » (Exode 20:8-10)
Ce commandement devait être une observance perpétuelle pour le peuple de Dieu. Le sabbat fut donné comme un signe entre Dieu et Son peuple, comme on le voit dans Exode 31:13 :
« Parle aussi aux enfants d’Israël, et dis-leur : Vous garderez assurément mes sabbats, car c’est un signe entre moi et vous dans vos générations, afin que vous sachiez que je suis l’Éternel qui vous sanctifie. »
De même, Ézéchiel 20:12 déclare : « Je leur donnai aussi mes sabbats comme un signe entre moi et eux, afin qu’ils reconnaissent que je suis l’Éternel qui les sanctifie. »
Le sabbat était donc un signe d’alliance, rappelant le rôle de Dieu en tant que Créateur, Sanctificateur et Soutien de la vie.
Le sabbat à l’époque de Jésus
Au moment du ministère terrestre de Jésus, le sabbat était devenu un élément central de la vie juive. Cependant, les dirigeants religieux y avaient ajouté de nombreuses lois et restrictions supplémentaires. Au lieu d’être un jour de repos et de rafraîchissement spirituel, il était devenu accablé par des interprétations légalistes.
Les traditions juives et la loi orale avaient développé un système complexe de règlements sabbatiques. La Mishnah, compilation des traditions orales juives, énumérait trente-neuf catégories de travaux interdits pendant le sabbat, incluant moissonner, battre le grain et transporter des objets au-delà d’une certaine distance. Ces règles, bien que destinées à prévenir la profanation du sabbat, devinrent rigides et perdaient souvent l’esprit du dessein divin.
Jésus entra souvent en conflit avec les pharisiens au sujet du sabbat, car Il accomplissait des miracles et des actes de bonté ce jour-là. Un exemple marquant se trouve dans Marc 2:23-28 :
« Il arriva que Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui dirent : Vois, pourquoi font-ils ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat ? Jésus leur répondit : N’avez-vous jamais lu ce que fit David lorsqu’il fut dans la nécessité et qu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ? Comment il entra dans la maison de Dieu, du temps du souverain sacrificateur Abiathar, et mangea les pains de proposition, qu’il n’est permis qu’aux sacrificateurs de manger, et en donna aussi à ceux qui étaient avec lui ? Puis il leur dit : Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat ; c’est pourquoi le Fils de l’homme est maître même du sabbat. »
L’autorité de Jésus sur le sabbat
Quand Jésus déclara qu’Il est « Seigneur du sabbat », Il fit une déclaration d’autorité sur Son identité et Sa mission. Cette affirmation souligne plusieurs vérités essentielles :
Jésus possède l’autorité sur les institutions divines.
En se proclamant Seigneur du sabbat, Jésus affirmait Son autorité sur une institution ordonnée par Dieu Lui-même. C’était une déclaration puissante, démontrant Sa divinité et plaçant Son autorité au-dessus des interprétations humaines et légalistes de la loi du sabbat.
Le sabbat a été fait pour le bien de l’homme.
Les paroles de Jésus en Marc 2:27 rappellent que le sabbat fut institué pour servir l’humanité, et non l’inverse. Il devait être une bénédiction et non un fardeau. Les pharisiens, en multipliant les règlements, en avaient déformé le sens. Jésus chercha à restaurer la véritable intention de Dieu.
Jésus révéla le véritable but du sabbat.
Durant Son ministère, Jésus utilisa le sabbat pour guérir, enseigner et faire le bien. Dans Luc 13:10-17, Il guérit une femme courbée depuis dix-huit ans, suscitant la critique du chef de la synagogue. Jésus répondit :
« Hypocrite ! Chacun de vous ne détache-t-il pas, le jour du sabbat, son bœuf ou son âne de la crèche pour le mener boire ? Et cette femme, fille d’Abraham, que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat ? »
Ainsi, Jésus démontra que faire le bien et manifester la miséricorde concordaient parfaitement avec le véritable but du sabbat.
Le sabbat du septième jour est toujours valable aujourd’hui
Contrairement à certaines croyances, le sabbat du septième jour n’a pas été aboli à la croix. Le Nouveau Testament distingue entre le sabbat hebdomadaire de la loi morale de Dieu (Exode 20:8-11) et les sabbats cérémoniels annuels liés à la loi mosaïque (Exode 23). Colossiens 2:16 et Éphésiens 2:15 se réfèrent à ces fêtes annuelles, et non au sabbat moral de Dieu contenu dans les Dix Commandements (Exode 20:1-17).
Le quatrième commandement reste en vigueur aujourd’hui (Hébreux 4:1-9), appelant les chrétiens à honorer le sabbat du septième jour comme un signe d’obéissance et d’adoration envers Dieu. Jésus n’a pas aboli le sabbat, mais Il en a révélé la pleine signification. Il affirma :
« Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (Matthieu 5:17-18)
Jésus n’était pas venu abolir une seule partie des Écritures qu’Il avait Lui-même données (1 Pierre 1:11), et qui témoignaient de Lui (Jean 5:39 ; Luc 4:21). Dire que Christ a annulé la loi morale en l’accomplissant n’est pas conforme au contexte de Matthieu 5:17-18. Il en a plutôt révélé la plénitude du sens en donnant un exemple parfait d’obéissance à la volonté de Dieu, afin que la même loi « soit accomplie en nous » (Romains 8:3-4).
Conclusion
La déclaration de Jésus selon laquelle Il est « Seigneur du sabbat » révèle Son autorité divine, Son accomplissement du but du sabbat et Son respect de la loi morale de Dieu. Alors que le sabbat fut institué pour le repos et le souvenir de l’œuvre créatrice de Dieu, Jésus démontra qu’il avait toujours été destiné à servir le bien-être spirituel et physique de l’homme. Par Sa vie, Sa mort et Sa résurrection, Jésus incarne l’obéissance parfaite à la volonté divine. Aujourd’hui encore, les chrétiens honorent cette vérité en consacrant le sabbat au culte et au renouvellement spirituel, reconnaissant que le sabbat du septième jour demeure une composante éternelle de la loi de Dieu.
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